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Paroles de Jésus (7)
« Celui qui cherche trouve ! » Luc 11.10
par Nicole ROULLAND
Cette parole de Jésus peut résonner comme un message d’espoir pour les uns ou comme un coup de massue pour ceux qui cherchent désespérément sans trouver. Dans tous les cas, ces mots ne restent pas sans effet.
Dans notre culture, le don et l’offrande sont souvent perçus comme une perte, une amputation de tout ce que nous avons pu accumuler dans nos greniers, mais la parole de Jésus m’invite à vivre le don comme une chance, une joie, voire une bénédiction. « A celui qui te demande donne ». Parole merveilleuse… dangereuse aussi : la joie que procure le don peut se transformer en pouvoir. N’y a-t-il pas un risque à donner quand nous entrons secrètement dans un rapport de condescendance qui tout à la fois emprisonne l’autre dans sa demande et transforme le don en geste servile ? « A celui qui te demande donne »… Parole au profit de l’enfant-roi qui rend le parent coupable de ne pouvoir satisfaire la demande inassouvie du désir de posséder. Parole dangereuse quand elle vient creuser un puits sans fond, user la corde de nos efforts et la poulie de nos bonnes volontés faisant de nous un objet qu’on use à souhait... Est-ce bien cela que tu nous demandes, Seigneur ?
« A celui qui te demande donne »… La force de cette parole attribuée à Jésus tient autant dans ce qu’elle dit que dans ce qu’elle ne dit pas : Jésus prend soin de ne pas mentionner l’objet de la demande, encore moins celui du don ! Sobriété d’une parole qui en dit long… Parole libératrice qui n’enferme pas celui qui la reçoit, ni celui qui la donne car elle met au centre non pas l’objet de la demande mais le sujet qui demande et celui qui donne : « A celui qui demande à toi, donne ». Jésus laisse un blanc, un vide quant au contenu de la demande et du don qui en découle. Même pas de lien de correspondance entre ce qui est demandé et ce qui est donné. Ce qui importe c’est que chacun ne soit plus l’objet de l’autre mais devienne, à partir du don, un sujet à part entière. Le don dans l’Evangile devient un geste qui déplace et libère le sujet dans sa demande, à l’inverse des gestes qui remplissent sans donner, qui enferment sans déplacer, qui infantilisent au lieu de responsabiliser. Ainsi, à celui qui te demande l’impossible, libre à toi de lui donner ta prière pour lui. A celui qui te demande une multiplication des signes dans le désert de sa vie, libre à toi de lui donner en partage cinq pains et deux poissons…
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils afin que quiconque croit en lui, ne meure point mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3.16) : quand le monde « demande » un messie tout-puissant, voici que Dieu « donne » un Fils à rencontrer dans la puissance de la croix, à découvrir dans la puissance de son amour pour nous. Et lorsque, après la croix, les disciples sont reclus dans la chambre haute, fermés sur eux-mêmes, dans l’impossibilité de demander, voici que Dieu « donne » l’esprit de Pentecôte comme une contagion qui se propage, qui ouvre des portes, qui délie les langues.
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Prière
Seigneur, comment te trouver et où te chercher ? Tu sembles être insaisissable ! Mais est-ce vraiment toi que nous cherchons ? C’est vrai que notre bien-être nous importe beaucoup et te fait passer après notre personne.
Bien sûr, tu souhaites notre bonheur, mais pas à n’importe quel prix : pas en écrasant les autres, nos frères et sœurs, tes enfants, mais en les respectant. pas en détruisant la terre, notre planète, ta création, mais en la protégeant.
Car tu es là dans les yeux de cet homme, étonné qu’on lui tende la main, et tu es encore là dans le cycle inouï de la nature. Nous te cherchons si loin en oubliant que tu es si proche.
Merci d’être simplement là. Amen |
Réveil - Méditation et prière été 2009
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