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Petits mots de la Bible (3)
Sabbat Jean 5.9 ; 9.14 ; Luc 4.16...
par Andreas SEYBOLDT
Jésus a tant fait « un jour de sabbat », qu'on se demande ce qu'il faisait les autres jours... Pourquoi « travaillait-il » justement le jour du repos ?
Transgresser Souvent, dans les Évangiles, « c’est un jour de sabbat » que Jésus guérit ou qu'il met fin à une souffrance, celle d’un paralytique par exemple : « Et aussitôt l’homme fut guéri ; il prit son grabat, il marchait. Or ce jour-là était un jour de sabbat ». Cela ne plaît pas à ceux qui cherchent à faire respecter la loi et qui lancent à Jésus, comme un défi, cette question : « Est-il permis de faire une guérison le jour du sabbat ? », autrement dit : « va-t-il le faire, ou non ? » Va-t-il transgresser la loi du sabbat, ce qui était durement puni dans l’Israël du temps de Jésus ? « Vous observerez le sabbat, car pour vous, il est sacré. Qui le profanera, sera mis à mort. (…) Quiconque fera de l’ouvrage le jour de sabbat sera mis à mort » (Exode 31.14-15).
Désirer Le sabbat, jour de mémoire, jour de la parole qui crée la vie, de la parole qui libère. Parole qui me dit que ma vie, je ne la dois pas à mon activité et mes préoccupations – si utiles, si importantes soient-elles. Mais ma vie, je la dois au seul désir d’un Dieu créateur amoureux de la vie. Gratuitement. Sans rien. En partant de rien. Sans condition. Et que cette vie n’a pas de prix. Qu’elle ne peut se marchander. Ma vie et la tienne. Notre vie ici et la vie là-bas, ailleurs, partout où vivent des humains, sur cette terre. Le sabbat est un jour de mémoire, un jour offert pour se souvenir que l'on est libre de toute captivité, de toute culpabilité, de tout souci pour sa vie : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent point dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? »
Relever « C’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux ». C’était un jour de sabbat… qu’il lui a ouvert le yeux sur ce qui est la vérité de sa vie, sur ce qui fait l’essentiel, le sens de sa vie. Son souffle de vie, sa vitalité, son espérance, sa confiance, sa capacité d’œuvrer, de créer, d’aimer, il le doit au créateur qui l’a délivré de tout souci pour lui-même, de toute paralysie du cœur et des membres. « C’était (encore !) un jour de sabbat » que Jésus a annoncé à la synagogue de Capharnaüm, par la voix du prophète, la réalisation de la promesse : « L’Esprit du Seigneur est sur moi… pour annoncer la Bonne nouvelle aux pauvres… et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer libres les opprimés ». C’était un jour de sabbat – nécessairement, non pas par hasard, mais voulu, prévu, choisi – car l’aveugle a retrouvé « la vue », il a été guéri – avant goût du Royaume ! Il a changé de regard sur sa vie et celle des autres, il a reçu sa vie comme un don, comme une nouvelle naissance à la vraie vie, la vie en vérité et dans la lumière sans camouflage, sans faux-semblant. La vie dans la paix profonde qui repose entre les mains d’un Père aimant à l’infini.
Réveil - Méditation et prière - novembre 2009
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