|
Petits mots de la Bible (7)
Avec Matthieu 1.23 ; 18.20 ; 28.20
par Ulrich RUSEN-WEINHOLD
« Avec » signifie, d’après le dictionnaire, « en compagnie de, en présence de ou être en relations ». On croirait lire la description de la mission de l’aumônerie auprès des malades. Qu'en dit la Bible ?
Ce petit mot résume tout ce que Dieu a voulu nous dire en Jésus-Christ. Ce n'est pas possible, pensez-vous ? Pas un tout petit mot banal ! Pourtant, c’est l’évangéliste Matthieu qui ouvre pour nous cette dimension théologique en profondeur : Jésus est le Im-manu-el, « Dieu avec nous » (Matthieu 1.23). Parfois, on a l'image de Dieu comme d'une entité hostile qui punit, qui poursuit, qui blesse ou qui juge. En un mot, un dieu qui serait « contre » l'homme, ou simplement indifférent et « loin ». Mais en Jésus, Dieu n'est rien de tout cela. Il vient près de nous, veut être avec nous. Il partage notre destin, notre joie et notre détresse (cf. Hébreux 2.18). Et celui qui a souffert lui-même l’épreuve est en mesure de comprendre et de partager la nôtre.
A nos côtés « Aujourd’hui, un an après, je peux dire que la maladie est un temps de désert, un face-à-face avec soi même », me confie un ami. La maladie déstabilise et le malade est renvoyé à lui-même. « Etre avec » est d’abord une présence humaine qui dit « nous ne te laissons pas seul ! » Ce message est d’autant plus important que la personne est fragilisée et déséquilibrée. Le malade, comme le visiteur, passent un moment unique et précieux ensemble. Cette rencontre permet d’exprimer les questions angoissantes sur l’avenir, le passé, la vie et la mort… et sur sa propre spiritualité. Notre « être avec » en tant que visiteur à l’hôpital est heureusement porté et étreint par un « avec » autre. Quand nous sommes en compagnie d’un malade, nous ne sommes pas seuls. Certes, les échanges avec le malade et ses proches sont parfois difficiles et parfois on n’a plus de mots, on ne sait plus quoi dire. On reste muet à côté du malade. Nous partageons sa souffrance. Ainsi nous devenons des témoins et nous reflétons la compassion de Dieu avec notre vis-à-vis qui traverse une incertitude profonde.
Dans la promesse Mais nous sommes portés par la promesse que Jésus est avec nous, au milieu de notre visite, là où « deux ou trois se trouvent réunis » (Matthieu 18.20). En sa présence nous trouvons petit à petit, de nouveau, des mots pour parler. Il se trouve même qu’un verset biblique ne parle que pour nous, et d'une manière nouvelle, dans cette situation. Et qu'il nous ouvre le regard à d’autres témoins, à Jésus lui-même. Matthieu termine son Evangile par une « ancre » pour cette barque qu'est l'Eglise : « Et moi, dit Jésus le ressuscité, je suis avec vous tous les jours » (Matthieu 28.20) - c’est le ressuscité qui prononce cette promesse. C’est celui qui sera toujours avec nous puisque ni les incertitudes, ni les doutes, ni même la mort ne pourront nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus. C’est dans cette perspective que nous sommes « avec », portés et englobés par un « Avec » plus fort dont nous sommes les témoins.
|
Prière
Je deviens témoin, Seigneur, par ma présence, par mon écoute, des blessures personnelles, de la vie, de la joie, de la détresse. Je deviens témoin quand mon vis-à-vis me confie le récit de sa vie.
Je suis témoin, Seigneur, D’une présence et d’un soutien Qui rassure et qui dit : Je ne te laisse pas seul, Je reste à côté de toi. Je suis témoin d'humanité auprès de ceux qui doutent et traversent des épreuves.
Fais de moi un témoin, Seigneur, De ta présence et de ton amour Utilise mes paroles, mes gestes et mes regards Pour révéler ta compassion, Et ta promesse de paix éternelle.
|
< |
Réveil - Méditation et prière - mars 2010
|