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Accueil Foi en textes Rencontres avec Paul Castelnau : des racines aux étoiles
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Rencontre avec Paul Castelnau :
Les pieds dans les racines et la tête dans les étoiles…P0410.jpg

par Yves LEVIN

On croit bien le connaître, le champion des vœux synodaux fantaisistes, le montreur d’étoiles en toutes occasions, le défenseur du cognac familial, le pasteur convivial et bon enfant… Mais qui est-il derrière toutes ces facettes ?

Ma vieille R19 avance avec peine dans ce chemin caillouteux et pentu de la montagne de Saoû, c’est vraiment le bout du monde, la Drôme profonde… Après un ultime virage où je crains de perdre le réservoir, je l’aperçois au milieu du chemin, tout sourire, comme d’habitude, avec son épouse Christiane. A peine descendu, j’entends sa voix chantante du sud m’accueillir chaleureusement : l’ancienne ferme retapée est magnifique dans sa rusticité avec des fleurs partout et une vue splendide, mais pour les visiteurs ça se mérite !

Un homme de paradoxes
Premier paradoxe : né en Charente maritime, Paul a passé son enfance à Royan en bord de mer et le voilà perdu au fin fond des montagnes sèches (avec une source tout de même) !
Deuxième paradoxe : malgré son attachement à la production familiale de Pineau et de Cognac, il n’est pas du tout vigneron et n’a jamais bien participé à cette activité.
D’une famille bien protestante (son grand-père faisait « l’accueil » tous les dimanches au culte), sa vocation pastorale s’est forgée dans le scoutisme dont il a usé et abusé.
Homme de paradoxes, mais aussi homme de liberté et d’opportunités. Lors de sa théologie à Montpellier, il utilise le jumelage avec l’université d’Heidelberg pour effectuer dans cette ville un séjour d’étude d’un an, ce qui lui donnera en prime la maîtrise de la langue allemande.
Après une autre année aux Etats-Unis, il effectue son service militaire à Dakar en tant qu’aumônier desservant. Puis on lui demande d’effectuer un an encore sur place pour remplacer un pasteur.
Ensuite, retour en France avec une première année de proposant à Millau puis à Bourdeaux où il va rester 13 ans. C’est dans le temple de Bourdeaux qu’il fait la connaissance de son épouse Christiane (parisienne et infirmière) et qu’il s’y marie en 1969. Comme le dit la formule, de cette union naîtra un fils, David, en 1978.

L’homme au camping-car
En 1980, le président régional de l’époque le supplie d’aller en poste à Albertville en Savoie. « C’est une paroisse disséminée, avec plus de curés que de protestants ! mais où l’œcuménisme marche bien ! » Les distances sont importantes et, pour assurer correctement ses offices dans les stations de ski, il fait l’acquisition d’un camping-car lui permettant de coucher sur place. Ce mode de transport lui convient tout à fait et ne le quittera plus jusqu’à la retraite.
En 1986, c’est justement en camping-car, avec femme et enfant, qu’il s’offre une année sabbatique à Jérusalem. Ce séjour est déterminant pour Paul qui va y enraciner sa foi et son attirance pour le judaïsme et l’archéologie moderne.
L’année suivante, la famille Castelnau s’installe à Die pour neuf ans : c’est encore là l’occasion de multiples expériences et ouvertures, en particulier le jumelage avec le village allemand de Louisendorf, peuplé d’anciens huguenots diois, les animations culturelles d’été, les cultes en plein air avec causerie, les journées « églises et temples ouverts »…

Sur les traces de Champlain…
Après une autre année sabbatique en 1996, c’est l’aventure québécoise pour deux ans. Alors là, c’est un peu le retour aux racines : Les Charentes, Champlain… Devenu pasteur de l’Eglise unie du Canada, Paul est en poste dans une petite paroisse francophone. En plus de son travail, il profite de ce beau pays, mais à sa manière (toujours un peu « limite ») : découverte en camping-car, canoë sur le Saint-Laurent, dérive sur les icebergs… De retour en France, il fera un passage rapide à Tournon et finira sa carrière à Bourdeaux et Puy-St-Martin en 2005.

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Il ne rate aucune éclipse
Et l’astronomie dans tout cela ? c’est une des passions de sa vie depuis l’âge de 12 ans. Autodidacte, il est bricoleur et inventif dans l’âme : il a fabriqué sa première lunette avec deux tubes de « Solutricine ». Il ne se sépare jamais de son téléscope depuis quarante ans et en fait profiter les écoles, les synodes… C’est pour lui un moyen de rencontres : il eut une grande joie le jour où une petite fille l’a désigné devant le temple de Bourdeaux en disant : « Regarde papa, c’est ce monsieur qui nous a montré Vénus ».
Il ne rate aucune éclipse dans le monde et cela est aussi source de découvertes et de contacts ! Je crois que Paul est un amoureux d’espace sous toutes les formes : lorsqu’il saute sur son trampoline, est-ce pour se rapprocher des planètes ?

Un homme libre et curieux
Mais en même temps et paradoxalement, il est terrien dans ses autres passions : la Bible (il en possède une de 1565), la langue grecque (il donne des cours à Crest et à la radio), le Sentier huguenot (auquel il participe activement) sans oublier les cimetières familiaux qu’il a découverts avec le musée du protestantisme dauphinois.
Enfin, sa dernière expérience en date est municipale puisque depuis peu, M. Castelnau est premier adjoint au maire de Saoû, ce qui ne manque pas de piquant ou plutôt de picodon !
« Homme libre, tu chériras toujours la mer ». Il pourrait faire sienne cette phrase de Baudelaire car il se sent « marin » par ses origines. Sa liberté, il a bien su la préserver dans un espace plus grand que les océans, en recherche constante des mystères de l’infini. Je crois que ses ancêtres charentais peuvent être fiers de ce descendant atypique qui, dans sa jovialité et à travers toutes ses facettes, n’a qu’un seul but : le relationnel avec l’homme et avec Dieu !

Repères

Samuel Champlain
Né à Brouage en 1567, Samuel Champlain se rend en Nouvelle-France, pour la première fois, en 1603. Il fonde l'Acadie et la ville de Québec en 1608. En 1634, il prépare la création de Montréal, qui aura lieu en 1642. Champlain participa au peuplement d'une nouvelle colonie. Pour cela il fit venir des familles, des artisans, des soldats, des prêtres. Ainsi la présence française s'instaure au Québec. Il meurt dans sa maison de Québec le 25 décembre 1635.

La fête du Picodon à Saoû
Fête traditionnelle, l’avant dernier week-end de juillet, avec diverses animations (www.fetedupicodon.com).

Le festival du conte de Bourdeaux
Se déroule fin juillet, début août depuis 20 ans (http://nouvellesduconte.free.fr).




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