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Accueil Foi en textes Rencontres avec Marjo Kalliomäki : Une Finlandaise pour la France
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Rencontre avec Marjo Kalliomäki :
Une Finlandaise pour la France

par Vincent CHRISTELER

Marjo Kalliomäki est probablement le pasteur qui a la plus grande paroisse géographique de France. Inutile de rétorquer que vous connaissez des pasteurs qui ont plus d’un département, Marjo, elle, a toute la France. En effet, elle est pasteur de l’Eglise luthérienne de Finlande pour la France.

ra0905-1.jpg« J’aurais aimé faire de la psychologie, confesse Marjo Kalliomäki, mais deux membres de ma famille avaient déjà embrassé cette carrière ; cela aurait fait un peu trop de psy ! ». Elle se tourne alors vers des études de théologie, pensant orienter celle-ci vers sa première inclination. Les études de théologie en Finlande sont plus diversifiées que ce que nous connaissons en France et offrent des filières spécialisées, telle que justement la psychologie. Elle ne ressent alors aucune vocation particulière. Cependant, pour ses études, elle collabore dans une paroisse et découvre que ce n’est pas si mal surtout en contact avec les jeunes.

Une vocation vécue en France
Née en 1959, Marjo Kalliomäki a été ordonnée en 1988, la première année où des femmes furent ordonnées pasteurs dans l’Eglise luthérienne de Finlande ; « Je n’ai pas fait partie de la première volée, car la priorité revenait aux plus anciennes », précise-t-elle. Elle a vécu quelques mois à Genève avant de s’installer en France pour rejoindre son futur mari, courtier à Bourg-en-Bresse.
« Les Finlandais en France, c’est ma vocation ! Aller vers les gens et ne pas attendre qu’ils viennent vers moi ! » Ainsi, après quelques années de bénévolat et quatre enfants, Marjo occupe le poste de pasteur de l’Eglise luthérienne de Finlande pour la France. Précisons que c’est un emploi à mi-temps. Jusqu’à l’année dernière, deux missionnaires, l’un à Marseille, l’autre à Paris, l’épaulaient dans sa tâche, mais désormais, c’est en solitaire qu’elle doit assumer son ministère et le travail ne manque pas.
En quoi peut consister un travail pastoral sur toute la France métropolitaine ? Organiser des célébrations, bien sûr, à Paris, Strasbourg, Lyon, Nantes, Marseille, Nice et Nancy… Rencontrer des familles pour des actes pastoraux ou des accompagnements. Bref ce que fait chaque pasteur, mais sur un territoire ô combien plus étendu.

ra0905-2.jpgAu service de ses compatriotes
En raison des distances considérables, son moyen de déplacement habituel c’est le train et quelquefois l’avion plutôt que la voiture. L’Eglise s’occupe aussi beaucoup de venir en aide aux Finlandais en détresse en France (après le vol de leur argent ou de leurs papiers, jeunes filles au pair connaissant des problèmes avec leurs employeurs…). Quand je lui fais remarquer que ces problèmes relèvent davantage du consulat que de l’Eglise, elle m’explique que l’Eglise dispose d’un réseau de personnes pouvant temporairement assister bénévolement leurs compatriotes.
Les Finlandais, précise Marjo, ont souvent de la peine à s’intégrer dans les différentes Eglises francaises. Ils préfèrent rester entre eux, ou au moins entre Scandinaves, surtout lorsque leurs enfants sont petits, par volonté de conserver leurs coutumes et leur langue maternelle. Il existe en effet un sentiment communautaire nordique. Il y a d’ailleurs à Paris, une fois par an au printemps, une célébration rassemblant Suédois, Danois, Norvégiens et Finlandais.

Vivre l’Eglise sans toit
Entre six et sept mille Finlandais résident dans l’hexagone, la grande majorité d’entre eux sont luthériens. Ils ont été élevés dans l’idée, ou l’habitude, d’une Eglise liée à l’Etat qui assure son financement et son fonctionnement. Le poste français est payé par l’Eglise mère en Finlande (à titre de comparaison, cinq ministres travaillent pour la communauté finlandaise en Allemagne, mais leurs salaires sont pris en charge par les Eglises allemandes). Il est ainsi difficile de faire comprendre le fonctionnement et les exigences d’une Eglise de dissémination : besoin d’argent et d’engagement des laïcs. Ses paroissiens sont habitués à payer l’impôt ecclésiastique et considère parfois l’Eglise comme un simple prestataire de service (mais n’est-ce pas aussi parfois le cas ici ?). C’est là l’une des difficultés de son ministère.
En outre, l’Eglise luthérienne de Finlande ne possède pas ses propres locaux sur le territoire français. Ceux qu’elle utilise lui sont mis à disposition de façon ponctuelle par les Eglises sœurs scandinaves. La question cependant demeure : faut-il en acquérir ? « Sans doute dans quelques années » est la réponse qui prévaut à l’heure actuelle, une façon sans doute de ne pas trancher.

Une itinérance qui dure
Difficile avec tout ça de mener une vie de famille. Marjo avoue, pour l’année dernière, 56 jours de déplacement (pour un mi-temps, rappelons-le). Il faut en plus trouver le temps de s’occuper de sa famille nombreuse (ses enfants sont âgés de dix à seize ans). « Heureusement, je suis soutenue par mon mari qui participe beaucoup et a dû adapter son emploi du temps à mon ministère ». Quant à ses hobbies, elle pratique le tennis (plus jeune elle a joué au football) et suit les compétitions sportives de ses enfants, y compris à l’étranger. Les enfants ont appris le finnois et l’aînée se sent déjà prête à poursuivre ses études en Finlande. Elle a passé, il y a deux ans, son école de confirmation en Finlande.
Quand on interroge Marjo sur ses projets, elle vous répond que ceux-ci varient au fur et à mesure des événements familiaux mais qu’en tout cas, l’envie de poursuivre son ministère en France demeure intacte.

Repères

Le protestantisme en Finlande
Plus de 80 % des Finlandais sont membres de l’Eglise évangélique luthérienne qui possède 9 diocèses et 515 paroisses. Chaque paroisse œuvre indépendamment des autres et gère ses propres finances. 75 % des revenus des paroisses proviennent des impôts d’Eglise. En 2007, 60 % des couples ont célébré leur mariage à l’Eglise et 88 % des moins de 15 ans ont effectué leur confirmation.
Le christianisme anglo-américain, lui, s’est répandu en Finlande pendant la seconde moitié du XIXe siècle et de nombreuses communautés protestantes, comme les baptistes, les méthodistes, l’Armée du salut ou les adventistes se sont installées dans le pays ; ils représentent moins de 1 % de la population totale. Le mouvement pentecôtiste (début du XXe siècle) représente, lui, 0,9 %.
Source : www.eurel.info




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