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Accueil Foi en textes Rencontres avec Christiane Dieterlé : en compagnie de la Bible
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Rencontre avec Christiane Dieterlé :
en compagnie de la BibleChristiane Dieterlé

par Françoise PERRIER-ARGAUD


Le cheminement qui a mené la jeune étudiante, membre de la Fédération étudiante, au poste de bibliste régionale n’a pas été rectiligne. De la foi extraordinaire de son enfance à celle plus mûrie d’adulte, il l’a conduite à une relation de plus en plus personnelle avec la Bible.

Sa rencontre avec les Ecritures commence lors de camps organisés par la Fédé lycéenne (fédération des étudiants chrétiens, née après la guerre et liée au renouveau biblique de l’époque). La lecture pratiquée dans des groupes est une révélation pour elle. Ses interrogations sont affrontées dans ces textes parlant de la présence de Dieu mais aussi de son absence et de son silence. De nombreux malheurs ont frappé sa famille. La question du mal la taraude sur le fond, mais aussi sur les possibilités d’un engagement à lutter contre lui.
A Lausanne, Christiane fait des études de théologie pour mieux connaître la Bible et continuer sa quête personnelle. Suivant les conseils de son père et des pasteurs, elle accepte, malgré son impatience, de commencer par d’autres études : une licence de sciences humaines (droit et psychologie) qui la mènerait dans le cadre d’une profession civile, auprès de tribunaux de mineurs ou pour un travail en Eglise dans le domaine de l’aumônerie. Son futur mari, Jean-Daniel, l’a rencontrée juste avant d’entrer à la faculté de théologie. Son projet à lui est de travailler comme chirurgien en Afrique, le continent de son cœur. Il a accepté qu’elle prenne le temps des études, si importantes pour elle. De son côté, elle les a entreprises alors de façon gratuite sans savoir si elle exercerait un jour un ministère et de quelle manière, d’autant plus que le ministère féminin n’a pas été reconnu avant la fin des années 1960 ! Pendant une dizaine d’années (de 1965 à 1973), elle a mené une vie de femme au foyer s’occupant de ses quatre enfants, nés en France et en Afrique.

Traductrice malgré elleP1712-B.jpg

Au Cameroun, Christiane est assez vite sollicitée par l’Alliance biblique universelle (ABU) pour participer à des équipes de traduction en langues locales. Son rôle est de donner des indications sur les textes hébreu ou grec, les traducteurs africains ne connaissant pas ou très peu les langues bibliques. Cela a été une expérience déterminante, car ils ont appris les uns des autres, et cela n’était pas sans signification dans le rapport qu’ils avaient chacun avec les textes bibliques. Un seul exemple : comment traduire le terme « esprit », en particulier dans l’expression « Esprit saint », dans des langues qui ont une multitude de termes pour désigner des esprits de toute nature ? Or, si l’on veut traduire fidèlement les textes, il ne faut pas se tromper d’esprit !
Rentrée en France en 1973, elle prépare le diplôme de Sciences politiques. Désirant travailler à domicile, elle a l’opportunité de collaborer, toujours avec l’ABU, à la traduction de l’Ancien testament en français courant. En 1995 commence pour elle un long travail de relecture de la bible en français fondamental pour des africains dont la langue maternelle n’est pas le français.

P1612-B.jpgInterprète biblique
Christiane Dieterlé est nommée au poste de bibliste de la région Centre-Alpes-Rhône créé en 1981. Cela veut dire lire la Bible avec des gens très différents culturellement. Des paroisses font appel à elle, d’autres pas. Elle travaille avec une équipe qu’elle a formée à l’animation biblique. Elle élabore des dossiers et anime des études bibliques. C’est un ministère itinérant très riche qui n’aurait pas été possible sans l’aide de son équipe.
En 1990, des liens se tissent avec l’Eglise protestante de Tchécoslovaquie à partir d’une rencontre à Pomeyrol. Cela devient un échange régulier.
En 1995, le Défap l’envoie de nouveau en Afrique où elle donne des cours de Nouveau testament, forme des femmes à l’animation biblique et des évangélistes dans un institut.
De sa première expérience africaine, elle a appris les limites des interprétations et des théologies et cela lui a permis d’être au bénéfice d’autres lectures-interprétations de la Bible. Chaque lecture d’un texte biblique est l’engagement propre à un moment de sa vie d’une personne acceptant de se confronter au texte et à d’autres lecteurs et trouvant son chemin propre grâce à cette confrontation.

Un ministère donné
« En fait, les ministères que j’ai exercés au service de l’Alliance biblique universelle dans des équipes de traduction de la Bible et au service de l’Eglise réformée en Centre-Alpes-Rhône comme animatrice biblique itinérante m’ont été donnés. Chaque fois, il s’est agi d’une opportunité qui se présentait et chaque fois, en même temps que cela m’était donné, je peux dire que je l’ai choisi. Je suis très reconnaissante d’avoir vécu toutes ces années – de 1966 à 2000 – en compagnonnage avec la Bible et avec tant de personnes diverses avec qui la déchiffrer, la lire, vivre dans le dialogue et la confrontation avec elle. J’ai aimé et j’aime ce cheminement profondément humble, cette avancée pas à pas que les textes demandent de nous, l’ouverture à l’inédit et au changement qu’ils provoquent, et les rencontres qu’ils permettent et suscitent. Ces textes sont devenus pour moi des textes habités par des visages, renouvelés sans cesse dans leurs significations par d’autres que moi, créateurs de vie par les horizons qu’ils offrent ».

Repère :

L'Alliance biblique universelle
En 1948, les sociétés bibliques choisissent de former une fraternité mondiale. Les ressources financières sont mises en commun. L'Alliance biblique universelle est née.
Son objectif : rendre la Bible accessible à tous, grâce à
- une langue compréhensible : d'où ses efforts pour améliorer les traductions et la proposer dans des langues nouvelles ;P1712-A.jpg- un prix abordable : la règle est que dans chaque pays, on puisse trouver une Bible pour l'équivalent d'une journée de nourriture.
Depuis 1948, les Sociétés bibliques se sont multipliées. Aujourd'hui les 145 sociétés bibliques se veulent au service de toutes les Eglises.

 


© Réveil - Rencontre avec - décembre 2009

 

 
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