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Guide d’une Eglise en construction (2) Il y a là des gens qui se réunissent

Guide d’une Eglise en construction (2)

par Jean DIETZ, pasteur

Il y a là des gens qui se réunissent

« Le premier article que nous avons consacré à « L’EPUdF – communion luthérienne et réformée » a indiqué que nous procéderions en commençant par observer qu’il y a des fidèles. Il y a là des gens qui se rassemblent, pour un culte, un temps de prière ou d’étude, ou pour une action à vocation diaconale.
Théologie, septembre 2011© N. Mourgues
Quelle connaissance ces gens-là ont-ils les uns des autres ? Peut-être que, dans certaines communautés, chacun est personnellement connu. Et s’il arrive un étranger ? Le nouveau venu, l’inconnu, sera-t-il accueilli comme on accueille un frère ? La réalité ordinaire de la vie des paroisses, c’est que certains se connaissent presque depuis toujours, et que d’autres, plus nombreux, viennent, demeurent, et vont, sans qu’on les connaisse vraiment. Il y a des gens qui viennent là avec la volonté de se réunir, ne serait-ce que pour un temps, et l’assemblée est ouverte. Il n’est pas envisagé, dans la communion des Eglises luthériennes et réformées, qu’il en soit autrement que cette ouverture, ouverture à l’inconnu, ouverture au monde, ouverture à toute personne. C’est ainsi que, d’un commun accord, nous envisageons l’Eglise. Le commun accord n’est pas toujours facile à atteindre dans l’Eglise, nous le savons. Et nous affirmons que chacun est invité à recevoir de la part de Dieu ce que l’Eglise annonce. L’expression de la grâce libératrice faite par Dieu à tous les humains en Jésus-Christ ne peut pas être le geste d’une assemblée qui serait close sur elle-même et qui ne servirait que ses propres habitudes et ses chères divisions.

Réalité visible
Il faut aller un peu plus loin cependant. L’ouverture et l’accueil ont été affirmés. Mais, d’un point de vue tout prosaïque, qui ouvre les portes, et pas seulement les cœurs et les bras ? Il y a des gens qui, sans peut-être tant se connaître les uns les autres, sont là, régulièrement, dimanche après dimanche, jour après jour, pour ouvrir les portes, préparer les salles et accueillir. Ils sont là pour vivre et pour proclamer à chacun la Bonne Nouvelle. Et chacune des tâches qu’ils accomplissent, même la plus modeste, peut participer à cette proclamation. Tant luthériens que réformés sont d’accord pour affirmer que « la réalité visible de l’Eglise apparaît dans les assemblées des fidèles où la parole de Dieu est droitement annoncée et reçue, les sacrements du baptême et de la sainte Cène fidèlement administrés et reçus » (Projet de préambule à la Constitution de l’Eglise protestante unie de France). Ainsi, l’Eglise proclame, l’Eglise invite, et Dieu appelle. Aucun de ceux qui s’approchent ne peut être écarté, c’est ainsi qu’il faut comprendre les deux adverbes, droitement et fidèlement.

A Dieu la gloire
Mais qu’en est-il de la réception de la Parole et des sacrements ? Cette réception participe de la réalité visible de l’Eglise. Or ceux qui se réunissent, qui ouvrent les portes et président les cérémonies ne peuvent que ce qu’ils font, et ne peuvent pas se décider à la place de ceux à qui ils s’adressent. Ils ne peuvent pas recevoir la Parole à la place de ceux à qui ils la proclament. L’Eglise ne peut contraindre personne à ce que Dieu offre par pure grâce. La grâce s’impose d’elle-même à ceux qui se décident pour elle. Et lorsqu’ils se décident, la gloire en revient à Dieu seul.
Le mois prochain, nous parlerons de la paroisse et de son membre.

© Réveil - Page théologique - octobre 2011
  • Créé le
    Dimanche, 02 Octobre 2011
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