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Guide d’une Eglise en construction (4) De la diversité des liturgiesGuide d’une Eglise en construction (4)par Jean DIETZ, pasteur
De la diversité des liturgiesAprès « La paroisse et ses membres » du mois dernier, est abordée ici la question des liturgies et de leur véritable signification par-delà leur différences.
© N. MourguesCelui qui voyage un tant soit peu, celui qui se présente tel dimanche dans un temple qui n’est pas « le sien », celui qui sait que, même dans « son » temple, ça n’est pas toujours la même personne qui officie, celui-là sait que les liturgies sont diverses. Ce ne sont ni les mêmes textes, ni les mêmes prières, ni les mêmes chants. Ça n’est pas la même fréquence pour la célébration de la Cène, ici chaque dimanche, ailleurs une fois par mois, ici avec telle sorte de pain, ailleurs avec une autre, ici avec du vin, ailleurs avec du jus de raisin… Et ceux qui connaissent bien les Eglises luthériennes savent que leur diversité liturgique égale au moins celle des Eglises réformées. L’officiant – si c’est un pasteur – peut être soit en aube blanche, soit en robe pastorale noire. Des ornements de couleur peuvent parer l’autel, la chaire et la Bible, selon la période de l’année liturgique. La Cène fait partie du culte de chaque dimanche mais le pain peut être sous forme d’hosties. Fidèles et officiants peuvent faire le signe de croix. Les « répons antiphonés » sont fréquents. Et l’invocation du Saint-Esprit, au moment de la Cène, peut être faite tant sur l’assemblée que sur les espèces… Des points de repère L’Eglise réformée de France (ERF) et l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) ont approuvé en leur temps des liturgies de référence, chacune selon sa tradition. Mais comme ces deux Eglises sont filles de la Réforme, elles savent bien que ça n’est pas la liturgie célébrée pour elle-même qui est la réalité visible de l’Eglise. Les usages d’une tradition particulière, même lorsqu’on y est très attaché, ne peuvent donc pas être considérés comme essentiels. Ils ne sont, tout au plus, que des points de repère, des rappels destinés à préparer le cœur des fidèles à recevoir la parole prêchée aujourd’hui. Et si ces usages venaient à être considérés comme indiscutables, voire indispensables, alors ils ne correspondraient plus à ce que la Réforme a affirmé en énonçant que Christ seul nous sauve et qu’à Dieu seul revient la gloire. Des liturgies en accord Les liturgies de l’ERF et l’EELF sont, sur le fond, en parfait accord. Ce qu’elles signifient, liturgie, Cène et prédication, c’est la promesse de « la grâce libre et inconditionnelle de Dieu, manifestée dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ et offerte à quiconque met foi en cette promesse » (Concorde de Leuenberg, extrait du § 4, et rappelée dans le projet de préambule à la constitution de l’Eglise protestante unie de France - EPUdF). Chaque culte, dans chacune des deux Eglises, signifie cela dans chacun de ses temps. L’ordre et le nom de ces temps n’est pas forcément toujours le même. Mais l’être humain y est convié à une même louange, à une même adoration, à une même vérité et à un même engagement. Les liturgies aujourd’hui en vigueur vont naturellement subsister dans la nouvelle Eglise. Elles subsisteront jusqu’à ce que, le temps passant, passent avec lui les attachements de pure forme. Et le synode national de l’EPUdF aura alors, à son tour, à approuver une liturgie de référence, nouvelle expression de notre foi commune. Le mois prochain, nous parlerons des officiants.
© Réveil - Page théologique - décembre 2011
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