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Robert Grevoul : Annoncer l'Evangile


RobertGrevoul

Rencontre avec Robert Grevoul
Annoncer l'Evangile

Michelle et Yves DERANSART

Dans notre Eglise, l’annonce de l’Evangile dans des cultes ou au cours d’actes pastoraux s'est ouverte aux laïcs. Des formations ont été mises en place et ce ministère est maintenant officiellement reconnu par l’Eglise. Nous avons rencontré un homme qui partage ce service.


Nous avons rendez-vous dans un petit village cévenol, Monoblet. Il pleut des cordes ! Heureusement, Robert Grévoul nous emmène chez lui devant un bon feu de cheminée, « C'est la maison où je suis né ! » nous dit-il. « Et on a, lorsqu'il ne pleut pas, une vue splendide sur ce coin des Cévennes ».

Parcours
Pourquoi devient-on prédicateur laïc, selon l'expression usitée ? Le cheminement est différent pour chacun : « Je suis né dans une famille protestante engagée, mais après la communion, ça a été pour moi comme dit Prévert : Notre Père qui est aux cieux, restez-y ! Je ne me sentais pas concerné ». Après le certificat d'études, il entre en apprentissage chez un maçon. Et, de fil en aiguille, il monte sa propre entreprise. Mais en 1981, de gros problèmes l'amènent au bord du dépôt de bilan. Au plus profond de son désarroi, un matin il cherche alors sa Bible. « J'ai relu les premières pages, et soudain je me suis dis que je faisais fausse route, que là était l'essentiel, et j'ai prié. Dans la semaine qui a suivi, des choses extraordinaires me sont arrivées, j'ai pu redresser mon entreprise ».

Depuis, Robert a trouvé un axe dans sa vie, et il a le besoin de dire, d'annoncer la Parole qui le fait vivre, de toutes les façons qui lui sont possibles. « Tout ce qui est compatible avec l'annonce de la Parole se fédère et fait la boule de neige que je suis. Ca vient s'agglomérer ! » Alors il se rend compte que ce qu'il reçoit au culte ou au cours des études bibliques ne lui suffit pas. « L'annonce est indissociable de l'écoute, en l'occurrence de la formation, de la mise en commun des interprétations ».

En formation
Il existait, en Languedoc-Roussillon, une formation destinée aux prédicateurs laïcs : PRB, pour « Prédication recherches bibliques ». Une quarantaine de personnes se réunissaient deux week-ends par an et, sous la houlette d'un pasteur formateur et d'un ou plusieurs intervenants, suivaient une formation théorique et pratique. Le culte du dimanche matin dans la paroisse accueillant le week-end était assuré par des participants en formation : la « critique fraternelle » qui suivait était très utile !
Robert, fidèle de cette formation, a cherché aussi ailleurs ; à Paris, l'EARB (Equipe d'animation et de recherche bibliques) offre une formation animée par la bibliste Sophie Schlumberger. « Nous étions une soixantaine, ce groupe était plus centré sur la théologie, et très complémentaire de PRB. Cela valait la peine de faire les trajets sur Paris ! »

Puis, la formation des prédicateurs laïcs a changé de forme : trois ans à raison d'un samedi par mois, la formation est assurée par un membre de l'Institut protestant de théologie de Montpellier, un de Théovie et un du conseil régional. Ceux qui le désirent peuvent alors demander à rencontrer la commission des ministères pour être reconnus comme « prédicateurs laïcs régionaux ». C'est la démarche adoptée par Robert Grévoul qui a fait partie de ceux qui ont été investis dans leur fonction au synode de Sète de 2008. Il continue à suivre les cours pour auditeurs libres à la faculté de théologie.

Annoncer la parole
« J'ai besoin de dire aux gens qu'il y a une autre solution pour aujourd'hui. Les évangiles ne nous conseillent pas sur tout, mais ils nous apprennent le vivre ensemble, nécessaire axe de la vie ». Robert est un passionné, il parle d'abondance de tout ce qui lui tient à coeur : les prisons « si ça servait à quelque chose, depuis le temps ça se saurait, il faut trouver une autre voie compatible avec le vivre ensemble, avec la prise en considération de la victime et de la personne délinquante » ; l'importance du sens des mots « Il faut chercher les mots justes, dire les choses avec les mots d'aujourd'hui, parce que le mot, comme toute la création, évolue ». C'est pourquoi il écrit ou réécrit beaucoup des textes liturgiques qu'il dit au cours des cultes ou des actes pastoraux.
« Annoncer la Parole est concret : la Parole est un révélateur. Par l'Evangile, l'homme devient lui ». Il est donc nécessaire pour Robert de témoigner en toute occasion de la possibilité pour chacun de changer. Les services funèbres permettent de rencontrer des familles ne faisant pas partie de l'Eglise, on peut alors leur dire l'Evangile, en étant très attentif au choix des mots. « Un jour, un an après un service funèbre, les petits-enfants me téléphonent : on voudrait que vous baptisiez notre petit. Nous, on ne comprend rien à la religion, mais ce que vous avez dit nous a paru important ».
Robert Grévoul est aussi passionné par son métier : il restaure des maisons anciennes, cherchant à en révéler la beauté. Mais c'est aussi là l'occasion d'annoncer l'Evangile. « J'en parle avec des clients, souvent il y a un besoin énorme au coeur des humains. Un couple dont j'avais restauré le mas m'a demandé de les marier ! »
Robert a laissé ses responsabilités au sein de la paroisse, pour ne pas être prisonnier d'une structure locale. « Là où on a besoin de moi, on m'appelle, et j'y vais. L'an dernier j'ai assuré 30 services. La structure est nécessaire, mais attention qu'elle ne devienne pas le principal ».
« Je suis un reboussié ! » Parce que Robert Grevoul aime tout remettre en question, qu'il est un autodidacte, toujours en formation « à l'école de la vie » dit-il, avec des projets, mais pas de but, sinon perpétuer la notion de métier qui se perd. Et, axe de sa vie, annoncer l'Evangile !

© Réveil - Rencontre avec - novembre  2010


  • Créé le
    Mercredi, 05 Janvier 2011
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