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L'Église réformée de Hongrie : entre audace et tradition
par Blogarka-Tünde LAMBOLEY Pasteur de l’Eglise réformée de France à Vernoux (Ardèche)
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Grand temple de Debrecen, la Rome calviniste hongroise,
qui a accueilli Jean-Paul II, faute d'église catholique
suffisamment grande (© T. Lamboley)
L’après 1989 marque tant l’histoire de la Hongrie que celle de son Eglise réformée. Presque toutes ses institutions, réquisitionnées après 1945, sont restituées. Leur réorganisation est encore un immense chantier où l’Etat est impliqué et assure la pérennité des subventions
L'Église réformée de Hongrie est une Eglise issue de la Réforme, d’origine calviniste, considérée comme la seconde parmi les Eglises historiques de Hongrie. Le Synode de Debrecen en 1567 marque son existence juridique, avec l’acceptation du catéchisme de Heidelberg et la IIe Confession helvétique, toujours en vigueur aujourd’hui.
Parmi les Églises presbytériennes, elle est la seule Eglise où chaque région ecclésiale est co-gouvernée par un évêque et un président de région laïque, de même que les communautés locales par le pasteur et le président du conseil presbytéral.
Relever le défi
Après la deuxième guerre mondiale, la Hongrie historique étant démembrée, l'Église réformée a perdu beaucoup de paroisses. Certaines de celles-ci ont perduré dans les pays voisins, d’autres ont été créées par les émigrants en Europe de l’Ouest et sur le continent américain.
Actuellement, la population hongroise compte 21 % de protestants réformés. L'Église réformée de Hongrie est répartie en deux millions de membres en Hongrie, et un million et demi de réformés hongrois dans le monde, restant en étroite relation avec l'Église mère. Elle est organisée en quatre régions ecclésiales, 27 consistoires et un millier de communautés locales. Plus de 7 500 salariés sont employés à plein temps, dont 1 500 pasteurs en postes paroissiaux, sans compter ceux exerçant dans des secteurs spécialisés.
Aujourd’hui, au cœur d’une société malmenée par les changements brutaux des dernières années, l'Église réformée de Hongrie a choisi de relever le défi d’être présente de façon unique et efficace, en apportant sa contribution dans les domaines sociaux les plus divers. Définie par son objectif principal qui est d’obéir à l’envoi en mission par le Christ, à l’initiative du Synode national ou des Églises locales, elle a créé de nombreuses associations sociales, culturelles et cultuelles. Bien que certaines missions aient existé depuis longtemps, comme l’aide auprès des alcooliques, c’est seulement en 2006 que le Centre réformé de mission a été fondé. Il coordonne le travail des organismes réformés dans le domaine social, il encourage leur développement au niveau national. L'Église réformée de Hongrie compte plus de treize missions internes à caractère social où sont intimement mêlés travail social et accompagnement spirituel.
De nouvelles formes de vie
Depuis 1991, l'Église réformée de Hongrie est confrontée à la fois aux difficultés d’une société en mutation et, sur le plan spirituel, à l’arrivée de nombreuses Eglises évangéliques d’outre-atlantique proposant aux jeunes des formes et des modes d’expressions contemporains. A côté d’une vie cultuelle plutôt traditionnelle – assemblées chantant les psaumes de la Réforme –, d’autres expressions musicales sont encouragées. Sur le plan national, des rassemblements annuels de jeunes sont organisés, attirant chaque été des milliers de participants pour une semaine de prière, de méditation, de conférences et de musique !
La croissance de l'Église, le besoin d’un plus grand nombre de pasteurs exerçant dans des paroisses locales, mais aussi de pasteurs spécialisés, a conduit à l’ouverture de deux facultés de théologie supplémentaires. Des temples ont dû être construits, d’architecture moderne ; parfois même des "temples" œcuméniques "réformé-catholique-orthodoxe" (photo de couverture du journal Réveil de juin).
Malgré des adaptations et des solutions audacieuses, parfois surprenantes pour notre vision de l’Église, un souci de cohérence se dégage, privilégiant sans cesse la vocation première de l'Église : être témoin de la Parole vivante, Parole incarnée, Parole proclamée.
© Réveil-Olivétan, juin 2008