Edito par Franck Honegger
A l'écart
Voici notre numéro de l'été. Comme chaque année, il est destiné à vous donner des informations sur la vie des Eglises pendant cette période particulière où les unes sont plutôt au repos, les autres en pleine ébullition. Et le dossier apporte quelques éclairages sur ce que nos frères catholiques appellent « la pastorale du tourisme ». Se regroupent sous cette expression toutes les questions liées à l'accueil des personnes et des familles « de passage », à la période particulière de l'été où le temps se vit différemment, où la convivialité, la découverte, la sensation de liberté se vivent plus intensément peut-être que le reste de l'année. La majorité désire s'extraire de leur « quotidien », vivre autre chose et autrement... et il n'est pas besoin, parfois, de faire de grands déplacements, ce peut n'être qu'une question de rythme. S'écarter ainsi de sa vie revient à choisir d'autres modes de relations et de rapport au temps. Se mettre donc à l'écart pour se retrouver : voici une halte dans nos vies. Mais on peut aussi mettre autre chose à l'écart : ses soucis, ses culpabilités, sa « mauvaise conscience ». Cette mise à l'écart-là s'apparente à un refoulement. On désire oublier, peut-être pour peu de temps, ce qui nous oppresse ou nous empêche de marcher, ce qui nous retient ou nous fige. Ces écarts font partie des méandres dans lesquels se niche une partie de nous-même. Mettre à l'écart. Cette expression ne renvoie pas qu'à une façon de poursuivre une recherche personnelle. Elle renferme en elle d'autres réalités, moins positives. Sont ainsi mis à l'écart celles et ceux qui dérangent, qui donnent mauvaise conscience ; en fait tout ce qui gêne une société : les sans-papiers sont enfermés, les SDF sont déplacés, les plus pauvres financièrement ou socialement sont rejetés, les animaux sont abandonnés... Me reviennent alors ces paroles de Jésus : « Il leur dit : Venez à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Marc 6.31). Dans nos lieux de repos, de mise à l'écart volontaire comme dans ces zones d'exclusion se donne une parole, se vit un repos à l'ombre de l'amour divin.
© Réveil - été 2010
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