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Habitude et nouveauté
Il y a près de chez moi un magasin qui affiche fièrement : « Chaque semaine, des affaires exceptionnelles ! » Ça me fait toujours rire un peu. Bon, mais il faut faire « le » billet pour Réveil. L’article défini indique que ce billet se retrouve mois après mois sur la même page de votre journal préféré, égal à lui-même : même nombre de signes (1 500), même mise en page. Un peu comme la liturgie de nos cultes. Les sujets traités aussi, tournent toujours autour de la même thématique : la vie de l’Église, la vie de foi… comme la liturgie d’ailleurs, qui n’a qu’un seul sujet : le Christ. Cela pourrait ne relever que d’une triste mécanique. Une « habitude » dans le sens péjoratif. Effectivement, si la vie se résume à une collection d’habitudes, c’est à désespérer. Car l’espérance, précisément, se dirige vers ce qui n’est pas habituel. Vers le changement, la nouveauté, la bonne nouvelle. Et pourtant, imaginez une vie où tout serait toujours nouveau : on mourrait vite d’épuisement. Pour éviter tristesse et épuisement, il faut que la vie mêle habitude et nouveauté. Ce qu’elle fait d’elle-même la plupart du temps. Après, c’est une histoire de posologie… et aussi de courage. De courage, car il en faut pour s’ouvrir à la nouveauté… mais il en faut aussi pour habiter tranquillement nos habitudes, sans se sentir constamment obligés de créer de toutes pièces une pseudo-nouveauté, qui aurait plus à faire avec l’agitation désespérée, l’habitude déguisée, qu’avec l’accueil joyeux de ce qui arrive.
Christophe SINGER Vice-président du conseil régional
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