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Lundi, 09 Février 2009 09:59

N'oubliez jamais la dictature, disent des défenseurs des droits de la personne au Brésil


Les initiateurs d'une exposition sur la dictature militaire, au pouvoir au Brésil de 1964 à 1985, espèrent qu'elle permettra de prendre conscience des violations des droits de la personne à cette époque et qu'elle contribuera à éviter que ce genre d'abus ne se produisent à nouveau.

"Les individus sans mémoire et déconnectés du présent ne peuvent pas se tourner vers l'avenir", a déclaré Ana Cristina Kirchheim, de la Fondation luthérienne de diaconie du Brésil, l'une des trois agences ayant organisé l'exposition présentée au Forum social mondial (FSM), qui s'est déroulé fin janvier à Belém, au nord-est du Brésil.

L'exposition intitulée "Le droit à la mémoire et à la vérité" raconte en 25 étapes l'histoire de la résistance au régime militaire qui a pris le pouvoir dans ce pays d'Amérique latine en 1964.

L'exposition a été inaugurée au FSM le 29 janvier par Paulo Vanucchi, ministre brésilien en charge du Secrétariat d'Etat pour les droits de la personne (SEDH). Elle a déjà été présentée dans 25 villes du Brésil. Selon une commission mise en place par le SEDH, au moins 50 000 personnes ont été arrêtées au cours des premiers mois de la dictature militaire, environ 20 000 Brésiliens ont subi des tortures et 356 personnes sont mortes ou ont disparu pour des motifs politiques.

"Ce n'est qu'en possession de ces connaissances que le pays sera capable d'élaborer des instruments efficaces permettant de garantir que de telles violations des droits de la personne ne se produisent plus jamais", a écrit Paulo Vanucchi dans la préface d'un livre accompagnant l'exposition, qui est organisée alors que le pays connaît une intensification des campagnes visant à assurer la justice pour les victimes de la dictature.

La loi d'amnistie de 1979 pour les crimes politiques laisse penser que ni les militaires ni leurs opposants ne peuvent être tenus pour responsables de leurs actions pendant la période de la dictature, a indiqué la journaliste Rosina Duarte, de l'Agence libre pour l'information, la citoyenneté et l'éducation (Alice).

Elle souligne cependant que certaines autorités juridiques et gouvernementales du Brésil sont désormais disposées à reconnaître que l'amnistie ne concerne pas les crimes contre l'humanité. Pourtant, a-t-elle expliqué au correspondant d'ENI, les archives militaires liées à la dictatures n'ont pas encore toutes été rendues publiques.

"Beaucoup de familles ne savent pas où se trouvent leurs enfants, elles ignorent où se trouvent leurs corps", a déclaré Rosina Duarte, dont l'agence sponsorise l'exposition, en collaboration avec la fondation luthérienne et la SEDH. "Nous avons décidé de mettre en place cette exposition", a-t-elle affirmé "pour le droit à la mémoire et à la vérité et parce qu'il est nécessaire de les rétablir, surtout pour les jeunes".

Belém, Brésil, le 6 février (ENI\Stephen Brown) - ENI-09-0049\F
 
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