Une première œcuménique Clermont-Ferrand
Le grand événement de ce début d'année a été le vide grenier œcuménique que les catholiques ont organisé au profit des travaux du temple de Clermont-Ferrand pendant la semaine de prière pour l'unité des chrétiens.
Grande première œcuménique et inédite en France, ce projet, porté par le diocèse de Clermont et les élèves de St-Alyre, entendait mettre en œuvre la réflexion de Paul dans les lettres aux Corinthiens qui dit que la collecte organisée pour l'Eglise de Jérusalem est l'expression même de la communion. Son organisation a permis aux réformés et aux catholiques de travailler ensemble et, sinon de se découvrir, au moins d'approfondir leurs relations. Gageons que cette expérience inédite donnera au dialogue œcuménique un nouvel élan en engageant résolument les uns et les autres dans une nouvelle voie pour l'œcuménisme qui prendra en compte les différences confessionnelles et cherchera, non pas à les nier, mais à les accueillir et pourquoi pas à aimer ce qui fonde ces différences. Comme le dit d'ailleurs Benoît XVI, « N'était-ce pas bon à bien des égards pour l'Eglise catholique, en Allemagne et ailleurs, qu'il y ait eu, à côté d'elle, le protestantisme avec son attachement à la liberté, avec sa piété, avec ses divisions et ses hautes exigences intellectuelles ? Inversement, pourrait-on concevoir le monde protestant à lui tout seul ? Les affirmations du protestantisme, et en particulier sa protestation, n'existent-elles pas justement en référence au catholicisme, au point qu'il pourrait difficilement s'imaginer sans ce dernier ? » Au fond, nous ne pouvons être et vivre notre identité propre les uns sans les autres, sans nous laisser interroger par les autres. Puisse ce vide grenier avoir permis cette prise de conscience et comme l'écrit le père Jay dans l'annonce de cet événement : « ... si d'aventure, nous découvrions dans les greniers de nos mémoires de vieux préjugés déposés là par la poussière du passé, ce sera peut-être l'occasion, non de les remettre en circulation mais de nous en débarrasser ». |