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L'aube se lève
L'aube se lève et Jérusalem émerge lentement de la pénombre. Pour les premiers témoins, le matin de Pâques n'a rien d'un triomphe retentissant et lumineux. Tout se dévoile, se murmure, se vit dans la pénombre, dans l'inquiétude, l'incompréhension et la peur. Celles des femmes d'abord, venues accomplir un dernier rituel, celles des hommes cachés quelque part dans Jérusalem, redoutant les représailles.
Que faire ? de ce bilan désespérant de trois années gâchées, de cette espérance avortée, de ce reniement et de cette trahison... Que faire ? de cette parole qui n'en finira pas de bouleverser le cœur et la foi de ceux qui l'accueille : « Il est ressuscité ! »
Il est la et il disparaît. Est-ce lui ou le jardinier qui murmure le doux nom de Marie ? On le croit à Jérusalem et il fait route avec deux amis vers Emmaüs. Il a faim et il interpelle Pierre, pourtant il a déjà fait griller du poisson pour tous.
Flashes difficilement assemblables d'une réalité nouvelle qui soudain envahit notre propre histoire. Vitrail inachevé dont il importe que chacun taille et pose les différents morceaux. Comme pour chacun de ces témoins bibliques, nous sommes appelés à accueillir et à vivre la résurrection du Christ comme une parole qui met en route, comme une force de vie qui donne courage, comme une espérance qui balaye les peurs et les rancœurs et ouvre une histoire nouvelle. Vivre de la résurrection du Christ, c'est avoir l'assurance que toute vie et toute la vie sont appelées à tendre vers le meilleur d'elles-mêmes, à participer à l'humanisation de ce monde. Pour quiconque s'indigne, s'interroge... cherche un sens, une vérité, une force d'espérance... le message de Pâques ouvre un chemin de vie, de service, où chacun peut avancer à son rythme, affronter les tempêtes et les traversées du désert avec moins d'angoisse et de désespérance au cœur.
Françoise Bay pasteur à Dieulefit Source : Ensemble témoignons n°11 |