Le zoom des bulletins 4
La parole aux Eglises au travers des bulletins locaux.
Oser le pardon
Si le péché c’était faire le mal, il suffirait de faire le bien pour se sentir quitte. Mais devant Dieu nous ne sommes pas dans le registre moral du bien et du mal, mais dans celui de la foi et de la non-foi. Dans ce cas, le salut du pécheur ne passe plus par le repentir mais par une conversion, c’est-à-dire un demi-tour, comme celui du fils cadet de la parabole du « fils perdu », en Luc 15. Ce retour du fils prodigue est justement fondé sur la foi, la confiance en l’amour infini du Père pour les enfants perdus que nous sommes tous. Mais si nous pouvons être assurés du pardon donné par Dieu, en Jésus-Christ, quand est-il de ce pardon que nous avons à donner et à recevoir les uns des autres ? Qui, à part Dieu, peut aujourd’hui nous libérer du poids de nos fautes ? Le prêtre ? Le pasteur ? Le psy ? Pour ma part, à la lecture de ce que Jésus dit aux apôtres après la Résurrection (cf. Jean 20), je répondrai… chacun de nous ! En effet, dans l’évangile de Jean, le signe du « pardon mutuel » est ici à la fois un fruit visible de la Résurrection, né du don de l’Esprit-Saint aux hommes, et l’objet même de la mission des disciples dans le monde. L’envoi n’a alors qu’une seule fonction : le pardon des péchés lié à la nouvelle création qui, elle-même, est le fruit de cette nouvelle Alliance que Dieu a passée avec TOUS les hommes à la Croix. Le pardon de Dieu, mais aussi la réconciliation entre les hommes, témoignent ici qu’il peut y avoir une vie après la mort, au-delà de la Croix : une résurrection, une nouvelle relation de Dieu avec les hommes et des hommes entre eux, réconciliés en Jésus-Christ. Ainsi, pour Jean, la communauté de Pentecôte est d’abord une communauté missionnaire qui se construit essentiellement autour de l’amour du prochain et de la réconciliation : « A tous ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ! » (Jean 20.23).
Luc Serrano pasteur à Mâcon et Villefranche Le parpaillot beaujolais, n°89, mai-juillet 2011
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