1921. 16 janvier: installation du pasteur Henri
Dartigue. Création des ventes de paroisse, qui vont assurer
avec le temps une part importante du budget, en particulier
grâce aux dames du "groupe de couture".
1923. 25 février: Assemblée générale
de la paroisse, au cours de laquelle a lieu un culte de commémoration
de l'Armistice de 1918 (cinquième anniversaire).
Avril 1923: Réunion d'un Synode régional
des Églises réformées, dont rend compte
le Progrès de Haute Savoie le samedi 28 avril 1923.
Au 1er janvier 1923 L'Association Cultuelle de
l'Église d'Annemasse se compose de 795 familles, soit
556 membres adultes et 239 enfants. Le nombre des cotisants
est de 193, plus élevé que celui des membres de
l'Association cultuelle, qui n'est que de 140. Pour l'installation
du pasteur Dartigue on a procédé à un inventaire
des archives. Le conseil de paroisse est composé de dix
membres. On décide de publier les Statuts et de les expliquer
afin de provoquer de nouvelles adhésions à l'Association
cultuelle. Suivant les recommandations du Synode national de
Montauban, il est décidé de créer une commission
locale de l'enseignement religieux, et le 30 septembre le pasteur
Frank Thomas réunit les jeunes de la paroisse à
Mornex. Il y a à l'époque neuf catéchumènes
d'Annemasse et dix autres venus du Secteur des Disséminés
reçus chaque année dans l'Église.
1924. Les problèmes traités par
le Synode national se reflètent dans la vie de la paroisse.
Ce sont le mariage des divorcés; c'est aussi l'augmentation
du traitement des pasteurs, et un appel aux retardataires dans
le paiement des cotisations. Le résultat de cet appel
est bon: 28 nouveaux cotisants se présentent... La paroisse
doit préciser ses engagements financiers envers la Région.
On évoque également la question du retrait de
la nomination des pasteurs aux conseils de paroisse au profit
de la Région. Cette mesure, contraire aux traditions
de l'Église Réformée, ne sera jamais adoptée.
Mais encore en 1991, le Synode national d'Orthez, préoccupé
par l'inégalité du pourvoi des postes pastoraux
en France, invitera les Régions à mener une révision
générale des postes, et les paroisses à
"vivre volontairement une année de vacance après
le départ de chaque ministre". Ce problème,
on le voit, est endémique.
La chapelle de Mornex est achetée avec
l'aide de la Société genevoise des Protestants
disséminés. Le pasteur Dartigue prend ses fonctions
d'aumônier à l'hôpital Dufresne-Sommeiller
de la Tour en Faucigny.
La paroisse contribue financièrement à
la réalisation du Palais de la Femme qu'ouvré
à Paris l'Armée du Salut.
Le Secteur des disséminés est alors
pris en charge par le pasteur Maillet qui réside à
St Julien-Chabloux, il utilise sa propre maison comme local
d'accueil, mais ne pouvant recevoir plus de 25 personnes, il
demande la construction d'un local pour son secteur.
1927: Création à Annemasse d'une
section de l'Union chrétienne des Jeunes gens, par M.
Neubert (dix adhérents), et d'une Union chrétienne
des Jeunes filles (quinze adhérentes), par Mme Dartigue.
80 enfants se présentent à la rentrée de
l'école du Dimanche et du Jeudi.
1928 Achat d'un nouvel harmonium grâce à
une souscription de 140 parts. Le pasteur Dartigue est nommé
délégué de la Xème Région
qui est alors l'Algérie. Pendant ses congés il
est remplacé par un élève en théologie
de Genève.
1929: On installe le gaz de ville au presbytère.
1930: L'année commence par un geste de
solidarité envers les sinistrés de la crise dans
le Midi. Au synode régional d'Aix les Bains le professeur
Lemaître fait une conférence qui
marque sur le thème: "Jésus est-il dépassé?"
On cherche un local à louer pour le secteur de St Julien.
1932: Malgré le succès régulier
des ventes de paroisse, le budget accuse un déficit de
10%. On décide de faire les placements de la paroisse
dans des bons de la Défense nationale. Cette année-là
le synode national se tient à Clermont-Ferrand et porte
sur le thème "Le rôle de l'Église en
cas de guerre".
1933: Le pasteur doit séjourner pour raisons
de santé pendant de longs mois au sanatorium de Praz-Coutant.
Les activités de la paroisse en sont notablement ralenties.
On prend l'habitude d'envoyer un délégué
laïc au synode régional annuel, pour accompagner
le pasteur.
1934-35 Au synode régional de Vernoux,
en 1935, le capitaine Etienne Bach, animateur des Chevaliers
de la Paix, fait une conférence sur les risques de guerre.
L'année suivante on traite de l'objection de conscience.
A l'Assemblée générale de 1935 on s'inquiète
de la puissance militaire de l'Allemagne et de la menace qui
en résulte.
Les protestants de La Roche et de Bonneville,
jusqu'ici rattachés à Annemasse, passent sous
la responsabilité d'Annecy, ce qui soulage notablement
le pasteur d'Annemasse.
1936: Le pasteur Dartigue soutient ardemment les
projets d'union des Églises réformées et
évangéliques. Il s'en fera l'avocat aux synodes
nationaux de Reims et d'Angers. Mais le 6 octobre il annonce
sa démission et son départ pour une paroisse moins
lourde, celle de Remiremont dans les Vosges. Il a accompli quinze
ans de ministère à Annemasse.
Le 54ème congrès des Unions chrétiennes
se tient à Annemasse les 20 et 21 novembre 1936.
Le poste de pasteur a été mis au
concours, il se présente six candidats. Est choisi comme
pasteur intérimaire et suffragant M. Meier. Le Conseil
lui a demandé de répondre à la question
"Comment envisagez-vous la vie spirituelle de la paroisse
et son rayonnement dans la région?" M. Meier restera
huit mois, sera apprécié. Il visite une cinquantaine
de familles dans le secteur de Gaillard, et elles s'inscrivent
toutes à l'Association Cultuelle.
1937 Le 27 mai audition du pasteur Bach, déjà
mentionné. Il est capitaine dans l'Armée, il a
été trois fois blessé au combat pendant
la guerre de 14-18. Il est nommé suffragant et devra
achever ses études en théologie.
Un dernier Synode de l'Union Réformée a lieu
à Aix les Bains. L'année suivante, en 1938 l'unité
aura été réalisée. Le 20 septembre
1938 la paroisse reçoit la lettre qui la rattache officiellement
à l'UNACERF, et indirectement à la Fédération
Protestante de France nouvellement créée. Le premier
Synode a lieu à Grenoble du 7 au 9 novembre 1938.
Les soucis concernant la desserte des disséminés
continuent. En cinq mois le pasteur a dû parcourir 4000
kilomètres, la paroisse a 105 communes qui lui sont rattachées,
et il y a 1500 à 2000 disséminés sur une
population totale de 73000 habitants. La société
genevoise des Disséminés, sollicitée, donne
une subvention, qui sera par la suite régulièrement
renouvelée. Le maire de St-Julien accorde une autre subvention
pour la location d'un lieu de culte dans la cité.
1939 Le Conseil Régional ayant révisé
à la hausse les quotes-parts des paroisses, le Conseil
d'Annemasse réagit vivement à une augmentation
qu'il juge "vertigineuse" ; il obtient une révision
à la baisse de ses obligations, la cible passant de 27000
à 24000 francs. On met en place le Consistoire du Léman,
composé de sept paroisses, et qui envisage de publier
un bulletin.
A cette époque la paroisse compte 470 foyers.
Lors de la mort du pape Pie XI, le pasteur envoie une lettre
de condoléances au curé doyen d'Annemasse, l'abbé
Marquet, ce qui dénote des relations nouvelles entre
les chrétiens de la ville.