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Fac-similé de Notre Chemin, no. 7 de juillet
1946.
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1945-46. La vie de la paroisse reprend un train
normal. Notons que la paroisse demande en 1945 que la rue du
Mont-Blanc soit rebaptisée rue du Temple, mais sans obtenir
satisfaction. Voici les prisonniers qui rentrent des camps allemands.
On partage un des baraquements avec l'aumônier catholique
et un rabbin pour les besoins religieux et spirituels des rapatriés
temporairement regroupés dans un centre d'accueil. On
panse les plaies les plus variées, Valleiry ayant été
incendié par les occupants, on lui attribue un secours
financier.
La paroisse compte alors 708 familles, dont 317
cotisent. Le journal de la paroisse de Thonon, qui s'appelle
la Bonne nouvelle, devient le journal de tout le Consistoire.
Les groupes reprennent vie, et même avec vigueur. Ainsi
le "Cercle des hommes"organise des conférences
très suivies. Il fut fondé par le Dr Lapiné,
emprisonné sous Vichy, et qui avait rejoint le maquis
en 44.
1947 Le pasteur Thenet demande à prendre
une retraite bien méritée, parcourant souvent
tout le secteur à vélo, jusqu'à Sevraz.
Son poste est déclaré vacant. Mais il faudra permuter
les logements du pasteur du secteur ville et celui du secteur
Disséminés, car M. Gruner a fait un échange
avec le pasteur Thenet, ce qui fait que le pasteur chargé
du "secteur Disséminés" occupe le logement
du secteur Ville... Mais la question est provisoirement résolue
par l'aménagement de deux pièces au rez-de-chaussée
du presbytère. La candidature d'un jeune pasteur du Gard,
M. Macs, n'est pas retenue. On sollicite un pasteur de Sornay,
qui finalement renonce à venir, et c'est le pasteur Abauzit,
aumônier des chantiers de jeunesse à Die qui est
retenu. Il a passé sa jeunesse à Thonon, et a
été converti par la mission anglaise.
1948: entrée en fonction du pasteur Abauzit.
Le trésorier, M. Fuess, annonce un gros déficit
financier. Les paroissiens sont invités à verser
une journée de leur travail par trimestre. On note un
projet d'érection d'immeuble en lieu et place du presbytère.
Seul le bâtiment du Temple serait maintenu. Pas de suite.
(De tels projets reviendront de temps en temps, en dernier lieu
en 1991.)
Annemasse est déjà une grande ville, mais conservait
des attaches nombreuses avec la campagne. Qui ne connaissait
alors la femme du cantonnier de Sevraz? Elle descendait de
la montagne avec son petit sac contenant...mystère!
peut-être des oeufs, peut-être une "pogne",
et toujours quelques fleurettes qu'elle glissait dans la bible
qui trônait sur la table de communion. A cette époque
les portes du temple étaient toujours ouvertes, on
entrait quand on voulait pour se recueillir, ou se reposer
un instant. Et qui sait, en cherchant bien, on trouvera peut-être
encore aujourd'hui une humble fleur séchée de
la femme du cantonnier dans la bible monumentale de notre
paroisse? (confidence d'une paroissienne qui est la mémoire
vivante d'une bonne moitié de l'existence de notre
paroisse)
1949 La situation financière est rétablie grâce
à des prêts, mais la cible pour les deux postes
pastoraux est d'un million de francs (de l'époque). M.
Deffaugt intervient à un culte de février pour
retracer la collaboration de l'ERF à toutes les oeuvres
de la ville d'Annemasse pendant la guerre.
Le synode régional a lieu à Annemasse, avec plus
de 140 délégués. MM. Vuffray et Pierre
Bach sont coordinateurs de l'accueil, qui se fait chez les paroissiens.
Le pasteur Lenhardt, de Genève, préside le culte
synodal. L'Hôtel du Midi et l'Hôtel de France assurent
les repas, mais avec l'aide de bénévoles de la
paroisse. On note, après le Synode tenu à Annemasse,
un net regain d'intérêt pour la paroisse. Il y
a alors 1160 protestants recensés, 16 catéchumènes,
et 1 prosélyte, comme disent les archives, c'est-à-dire
un baptisé adulte converti.
"Si l'Église n'était qu'une
société de plus parmi beaucoup d'autres, nous
nous permettrions peut-être de la mettre en veilleuse
en attendant des jours meilleurs. Mais nous croyons qu'elle
reste le seul lieu où nous puissions trouver un remède
à notre solitude, à notre désarroi et à
notre angoisse, parce que là, nous pouvons rencontrer
Celui en qui nous pouvons mettre toute notre confiance. C'est
en raison même de vos soucis, de vos craintes et de vos
occupations que nous vous disons: Ne perdez pas le contact avec
l'église, mais, avec les hommes faillibles et imparfaits
que nous sommes, approchez-vous de Celui qui reste le Seul Maître
de notre vie. " Document du 1er juillet 1950.
Fin 1950 le pasteur Gruner part pour Genève.
On supprime provisoirement le deuxième poste pastoral.
On essaiera de faire seconder le pasteur chargé de l'ensemble,
devenu très lourd, par une assistante de paroisse: ce
sera Mlle de Senger, qui s'installera dans l'appartement d'Ambilly,
et jouera un rôle très bénéfique
dans la paroisse pendant tout son ministère. Une exposition
sur la Mission a lieu dans une salle de la Mairie. Le déficit
se maintient, toujours très préoccupant, mais
un don anonyme important permet de l'éteindre pour l'année
1951. Les réunions bibliques deviennent hebdomadaires.
Un groupe d'Éclaireurs est reconstitué. Le Cercle
d'Hommes reste très actif.
1952: Le Conseil de paroisse délibère
des travaux devenus nécessaires au Temple, en particulier
le renouvellement de la toiture et du clocheton. Les réparations
eurent bien lieu, mais il subsista des gouttières dans
le temple... On fit des boiseries à l'intérieur,
M. Vuffray s'en chargea. Il y eut une belle journée pour
inaugurer le temple ainsi rénové.
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